Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

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Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


La fabuleuse histoire de Sidi Ali Dib (source El Watan DZ)

Publié par The Algerian Speaker sur 29 Novembre 2013, 16:55pm

Catégories : #HISTOIRE (KAN YA MAKAN FI KADIM AZAMANE

Homme pieux et charismatique, il suscita la confiance et le respect des autochtones, en mettant en pratique les principes de paix, d’amour du prochain, de tolérance et d’hospitalité.

Sidi Ali Dib, le saint patron de Skikda sera à l’honneur ce week-end, au grand bonheur des épris de l’antique Rusicade qui aura à renouer, l’instant d’une rencontre, avec l’un de ses grands repères. La célébration est à mettre à l’honneur de la direction des affaires religieuses de la wilaya de Skikda. Cette dernière entend ainsi contribuer à redonner à Skikda l’un de ses titres de noblesse et de faire revivre la saga de cet homme pieux qui continue, à ce jour, d’imprégner la ville de son aura. La direction cherche également, à travers cette manifestation, «à rendre hommage aux hommes de cultes algériens et à initier les nouvelles générations aux fondements de la référence religieuse», lit-on dans le préambule de l’invitation adressée à la presse. Cette halte est venue à temps pour revenir, une fois encore, sur le parcours de cet homme, adepte de la Khalwa et qui a marqué Skikda dans son histoire, voire même dans ses traditions, tout comme Cheikh Ben Aroua d’ailleurs. La relation de la ville avec son saint patron a aussi été imprégnée de non-dits, de mysticisme et de beaucoup d’autres choses encore.


L’adepte de la Khalwa


Qui est donc cet homme, d’où vient-il, et pourquoi suscite-t-il tant de considération de la part des couches populaires ? Il n’y a pas si longtemps encore, on jurait par son nom à Skikda, ce qui sociologiquement s’explique par l’attachement inconscient de cette région à son passé glorieux. Une chose est sûre : Sidi Ali Dib est un Berbère venu des montagnes kabyles bien avant l’invasion coloniale française. Après s’être nourri des fondements religieux qu’il a appris à l’ordre confrérique de la Tariqua Rahmaniya de Sidi Abderrahmane, il quitte sa région natale et vient s’installer à Skikda. Comme la Khalwa (retraite mystique) constitue l’un des piliers de la Tariqua Rahmania, qu’on appelle aussi El Khalwatya, Sidi Ali Dib opte, lors de son arrivée à Skikda, pour un coin isolé sur le flanc ouest du Mont Mouadher (Bouabbaz). Il aménage un semblant de bâti non loin de l’actuel cimetière chrétien pour entamer sa Khalwa et pour fonder aussi la première école coranique dans cette ville. Homme pieux et charismatique, il attire vite la confiance et le respect des autochtones. Normal, le Cheikh mettait en pratique les fondements mêmes de la Tarîqa dont les principes sont «la paix, l’amour d’autrui, la tolérance, la convivialité…la purification de l’âme en vue d’atteindre le stade suprême de la spiritualité», comme le mentionne Mohamed Brahim Salhi, chercheur en anthropologie. La cohabitation pacifique de Sidi Ali Dib finira même par susciter l’intérêt et la curiosité des riverains. On avance même que le nom de Dib, dans le sens de loup, lui aurait été donné par la population.


Pourquoi Dib ?


Selon un cadre de la direction des affaires religieuse de Skikda, le nom exact de cet homme pieux ne serait pas Dib. Et d’expliquer : «On estime que cette appellation serait le fruit de l’imaginaire mythologique de la population de l’époque ; on avance à ce sujet trois suppositions en relation avec cette dénomination; certains disent que les habitants de l’époque l’auraient appelé Dib car, pensaient-ils, il aurait été élevé par une louve puisqu’il n’était pas originaire de la région. D’autres l’appelaient Dib car il vivait seul comme un loup sur le flanc montagneux, et les derniers racontaient qu’après sa mort, un loup venait chaque nuit dormir auprès de sa tombe. Tout ceci n’est bien sûr que des supputations transmises de génération en génération.

A notre niveau on a opté pour Sidi Ali El Adib (le lettré) dans le sens où il représentait un homme pieux et aussi éducateur et un authentique enseignant du Coran.» Serait-ce là de simples récits légendaires transmis oralement à travers les âges ? Rien n’est sûr car il reste à reconnaître que le nom Dib existe bel et bien à Skikda et dont l’arbre généalogique remonte à des racines berbères. Néanmoins ces croyances mythiques témoignent de l’aura de Sidi Ali Dib et de son imprégnation dans le vécu populaire de l’époque. Ceci se passait au 18ème siècle, période durant laquelle la Rahmanya vivait son âge d’or et parvenait même à prolonger son étendue géographique de la Kabylie jusqu’au Constantinois. Le saint patron meurt avant 1830.

Les habitants et en signe de reconnaissance l’enterrent dans cette même école qu’il avait bâtie. Sa tombe ne tardera pas à devenir un mausolée auprès duquel les habitants de la région venaient implorer la baraka du Cheikh. Mais la mort de Sidi Ali Dib ne mettra pas fin au mythe du Cheikh. Bien au contraire, sa sépulture va alors connaître d’autres péripéties qui ne feront que consolider l’attachement des Skikdis à leur saint patron. Cet épisode commence juste avec la colonisation. Le mardi 10 avril 1838, le général Négrier débarque à Skikda avec près de 2 000 soldats. Aussitôt, des travaux devant faciliter l’implantation de l’occupant, sont entrepris et beaucoup de vestiges romains de l’antique Rusicade seront détruits pour permettre l’édification des remparts de la ville. La muraille bâtie avec les pierres romaines passe par Borj Hmam, tout près du lieu où reposait Sidi Ali Dib.

L’enceinte abritant le mausolée du Cheikh est déclarée zone militaire et il fallait alors ‘délocaliser’ la sépulture vers d’autres lieux avec la proposition de construire une mosquée sur le flanc est du mont Bouyala qui aura à abriter les restes de Sidi Ali Dib. Cet acte que le colonisateur présentait comme ‘bénéfique’, cache très mal sa volonté d’en découdre avec ce mausolée d’un adepte de la Tariqua Rahmanya qui pourrait poser problème car il reste à reconnaître que cette Tariqua représentait l’une des plus fortes confréries du pays. Elle aura même à subir une véritable répression en raison de ses penchants révolutionnaires. Faut-il rajouter que c’est la Rahmanya qui donna à l’Algérie Cheikh El Mokrani, Cheikh El Haddad, Lalla Fathma N’Soumer…et d’autres figures emblématiques encore.


Le cauchemar du colonisateur


Ainsi, le mausolée fut détruit, et en 1844 on entama la construction de la mosquée qui, à ce jour, porte le nom de Sidi Ali Dib. Elle sera finalement ouverte aux fidèles le 20 octobre 1846 et les ossements du Cheikh furent transportés pour être de nouveau remis dans un tombeau au cœur de la mosquée. Selon des documents de l’époque, le 1/3 des frais ayant permis l’édification de ce lieu de culte a été donné par la population algérienne qui, en dépit des conditions sociales des plus difficiles a tenu à honorer le Cheikh. Le premier imam ayant officié dans ces lieux est le Cheikh Si Salah Ben Saci. La moquée, très simple dans son architecture, ne tardera pas à devenir un repère pour les populations algériennes et on raconte que le mois du Ramadhan, on annonçait la rupture du jeûne en éclairant le minaret. Cet épisode n’est pas le dernier dans la fabuleuse histoire de Sidi Ali Dib. Bien au contraire, l’histoire va encore se poursuivre bien après l’indépendance. C’est en 1987 que les ossements du Cheikh auraient de nouveau été déterrés à l’occasion de l’agrandissement de la mosquée et enterrés dans un cimetière.

Seulement au niveau de la direction des affaires religieuses, on affirme que lors de l’ouverture de la tombe de Sidi Ali Dib on n’a trouvé aucune trace d’ossements. «J’ai demandé à feu Cheikh El Alouani qui s’occupait à cette époque de la moquée s’il avait trouvé des ossements et il m’a confirmé qu’ils n’ont trouvé que de la terre humide. Comme Cheikh El Alouani est un homme très pieux on ne peut que le croire», témoigne un cadre de la direction. Puis, au début des années 2000, des fidèles ont fortuitement trouvé un ossement humain non loin de l’enceinte de l’édifice. Soutenant qu’il s’agissait des restes de Sidi Ali Dib, ils l’ont alors mis dans une boîte et l’ont enterré dans la zone arrière de la mosquée. Cette information avait alors fait le tour de la ville. Chose qui poussera un groupe de personne à pénétrer dans la mosquée à la faveur de la nuit et à déterrer la boîte pour l’emporter sans pour autant parvenir à emporter l’histoire de cet homme qui a consacré sa vie à l’islam et à ses semblables.                                   

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